À partir du 1ᵉʳ février 2026, les taux du Livret A et du LEP seront revus à la baisse. Une annonce discrète mais loin d’être anodine pour les millions de Français qui placent leur épargne sur ces livrets. Derrière cette décision, une inflation en berne et des intérêts qui fondent… Que va réellement signifier cette baisse pour vos économies ?
Pourquoi les taux des livrets baissent-ils ?
Le calcul des taux du Livret A et du LEP suit une règle simple : une formule officielle combinant le taux d’inflation et les taux interbancaires. Or, depuis juillet 2025, l’inflation reste très faible en France : environ 0,95 % selon l’Insee.
Résultat ? La formule donne mécaniquement des taux d’intérêt plus bas. Et comme cette révision se fait deux fois par an, février 2026 marque une nouvelle étape à la baisse pour votre épargne réglementée.
Livret A : un taux estimé entre 1,4 % et 1,5 %
Actuellement fixé à 1,7 % depuis août 2025, le taux du Livret A pourrait tomber dès le 1er février 2026 à 1,4 % ou 1,5 %. Le LDDS, qui suit exactement le même taux, sera également concerné.
Ces placements restent toujours sécurisés et exonérés d’impôts. Mais leur rendement réel devient quasi nul, surtout si l’on considère que le coût de la vie continue de grimper, même doucement.
Concrètement, combien perdez-vous ?
Voici un exemple simple à retenir :
- À 1,7 %, un placement de 5 000 € rapporte 85 € d’intérêts annuels
- À 1,5 %, ce même placement ne rapporte plus que 75 €
- À 1,4 %, il chute à 70 €
Sur une seule année, cela semble faible. Mais sur plusieurs années ou avec des sommes plus importantes, la baisse devient significative. Vous protégez votre épargne, certes, mais elle ne grandit pratiquement plus.
LEP : toujours en tête malgré la baisse
Le Livret d’épargne populaire (LEP) reste plus protégé. Son taux ne peut jamais descendre en dessous de celui du Livret A, augmenté de 0,5 point. Actuellement, le LEP offre 2,7 %. En février 2026, il devrait se situer autour de 1,9 % à 2 %.
Ce livret est destiné aux ménages modestes, avec un plafond fixé à 10 000 €, une exonération d’impôt et une liquidité totale. Bref, c’est le livret le plus avantageux… pour ceux qui y ont droit.
Un possible bonus de l’État ?
Le gouvernement a déjà, dans le passé, ajouté une petite prime au taux du LEP pour soutenir le pouvoir d’achat. En 2026, un taux allant jusqu’à 2,2 % ou 2,3 % pourrait être décidé, selon le bon vouloir de Bercy et de la Banque de France. Mais à ce jour, rien n’est garanti.
Faut-il garder son argent sur un Livret A ?
Ça dépend. Si vous avez besoin d’un placement liquide et sécurisé pour votre épargne de précaution, le Livret A reste utile. Mais pour faire fructifier votre argent ? Difficile aujourd’hui de s’en contenter…
Quelles alternatives envisager ?
- Assurance vie en fonds en euros : plus rentable, bien que les rendements baissent ici aussi
- Plans d’épargne logement anciens : selon votre contrat, ils réservent parfois de bonnes surprises
- ETF, actions ou placements à long terme : potentiels plus élevés, mais aussi plus de risques
Attention : quelle que soit votre stratégie, conservez toujours un disponible pour les imprévus.
Exemple : une perte de 120 € sans rien changer
Imaginons un épargnant avec 15 000 € :
- 10 000 € sur un LEP à 2,7 % → 270 € d’intérêts
- 5 000 € sur un Livret A à 1,7 % → 85 € d’intérêts
Soit un total de 355 € par an. Or avec les nouveaux taux, il ne percevra plus que 315 €. En cinq ans, cela représente une perte de 600 €. C’est autant d’argent qui pourrait être mieux valorisé ailleurs.
Conclusion : un virage nécessaire pour votre épargne
La baisse des taux du Livret A et du LEP est logique et prévisible, mais elle pénalise fortement votre rendement à long terme. Le LEP reste encore intéressant, à condition d’y être éligible. Pour les autres, il est temps d’agir et de repenser votre stratégie d’épargne.
Votre argent mérite mieux que de dormir sur un livret à 1,4 %. Et vous, êtes-vous prêt à prendre le virage ?












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