Une hausse d’impôts à la retraite ? Voilà une mauvaise surprise à laquelle peu de futurs retraités s’attendent. Pourtant, à partir de 2026, votre pension pourrait bien être plus taxée qu’anticipé. La réforme fiscale en cours bouleverse les habitudes comptables liées aux retraites. Et beaucoup risquent de tomber des nues.
Pourquoi la fiscalité des retraites va changer en 2026
La modification découle d’un changement dans le mode de calcul de l’impôt sur le revenu. Concrètement, le prélèvement à la source mis en place en 2019 a été relativement simple à comprendre pour les actifs. Mais pour les retraités, c’est une autre histoire.
Vous vous souvenez peut-être du concept d’année blanche instauré lors de la mise en place du prélèvement à la source. En 2018, l’impôt sur les revenus courants a été effacé, sauf pour les revenus dits « exceptionnels ». Pour les salariés, le principe a été plutôt transparent. Pour les futurs retraités, des effets décalés apparaissent aujourd’hui.
Ce que dit l’administration fiscale
À partir de 2026, les services fiscaux vont reconsidérer certains éléments liés à vos pensions. Notamment les rentes issues de versements déductibles sur les PER ou anciens contrats Madelin. Jusqu’à présent, les retraités pensaient bénéficier d’une base imposable assez faible sur ces versements.
Mais attention : la réintégration de l’avantage fiscal précédent commence dès l’imposition de 2026 (sur les revenus 2025). Cela pourrait alourdir sérieusement votre facture fiscale selon votre situation.
Qui est concerné par cet alourdissement fiscal ?
Tous les retraités ne sont pas touchés de la même façon. Les principales personnes concernées seront :
- Les épargnants ayant versé abondamment sur leur PER en profitant de la déduction fiscale
- Ceux ayant liquidé leur retraite récemment ou prévoyant de le faire en 2025
- Les indépendants ayant cotisé sous forme de contrats Madelin ou PER individuels
En clair, plus vous avez optimisé fiscalement en amont, plus la remontée d’impôt peut être brutale.
Le piège des versements 2018
Petit rappel : en 2018, l’impôt normal sur les revenus a été annulé, sauf pour les revenus exceptionnels. Résultat, beaucoup ont eu l’idée de ne pas verser sur leur PER cette année-là, pensant couper les dépenses inutiles.
Mais sur le long terme, ce choix pourrait coûter cher. L’administration fiscale s’en sert comme référence pour évaluer les versements « atypiques » des années suivantes. Et si vos versements en 2019 ou 2020 paraissent soudainement trop élevés, ils peuvent être requalifiés en revenus imposables exceptionnels.
Un exemple concret pour mieux comprendre
Imaginons un cadre supérieur ayant versé 10 000 € par an sur son PER de 2016 à 2020. En 2018, il a fait une pause. L’administration fiscale considère alors que les versements de 2019 et 2020 (résumés à 10 000 € chacun) sont exceptionnellement hauts comparés à celui de 2018 qui est nul.
Résultat ? Une fraction de ces sommes peut être soumise à un retraitement fiscal. Ce qui gonfle artificiellement les revenus imposables à la sortie.
Peut-on s’y préparer dès maintenant ?
Oui, et il est même recommandé d’anticiper rapidement. Voici quelques pistes :
- Faire un bilan retraite avec un conseiller fiscal ou comptable
- Simuler vos impôts en tenant compte des nouvelles règles
- Organiser vos retraits de PER de façon progressive pour lisser l’impact
- Explorer des stratégies de défiscalisation alternatives (immobilier, assurance-vie, etc.)
L’idée n’est pas d’éviter l’impôt, mais d’éviter les mauvaises surprises. Car une anticipation bien pensée permet souvent de mieux gérer la note.
Dernier conseil
Si vous êtes à la retraite ou proche de l’être, ne laissez pas cette réforme vous prendre de court. Les effets fiscaux de certaines décisions prises il y a 5 ou 10 ans commencent à se faire sentir aujourd’hui. Et 2026, c’est déjà demain.
Un rendez-vous avec un expert pourrait vous faire économiser plusieurs milliers d’euros. Et surtout, vous offrir une retraite un peu plus sereine.












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