Du jour au lendemain, des familles françaises découvrent que ce qu’elles pensaient être un moyen légal et sûr de protéger leur patrimoine familial pourrait désormais leur coûter très cher. Les holdings patrimoniales, longtemps utilisées pour préparer sereinement les successions, sont aujourd’hui dans le viseur du fisc. Que s’est-il passé pour que des structures autrefois banalisées deviennent synonymes de risque fiscal accru ?
Holdings patrimoniales : un refuge devenu suspect
À l’origine, une holding patrimoniale est une société créée pour regrouper les biens d’une famille : maisons, appartements, parts d’entreprise, actions, etc. L’objectif ? Simplifier la gestion, préparer la transmission entre générations et éviter les conflits successoraux.
Beaucoup de familles ont constitué ces structures en respectant les règles, souvent sur les conseils d’un notaire ou d’un banquier. Elles y voyaient un outil de stabilité, pas de fraude. Hélène, par exemple, explique : “Nous avions suivi les conseils du banquier et du notaire pour éviter toute dispute entre enfants, c’était sensé nous rassurer.”
Mais aujourd’hui, l’État les soupçonne d’être utilisées pour contourner certains impôts. Résultat : même des familles aux moyens modestes se retrouvent inquiétées.
La nouvelle stratégie de Bercy : cibler les revenus passifs
Depuis la crise sanitaire, la lutte contre l’évasion fiscale est montée en puissance. Bercy affirme que certaines holdings serviraient à capitaliser des revenus (dividendes, loyers, etc.) sans les redistribuer, réduisant ainsi l’impôt sur le revenu. Ces revenus “endormis” soulèvent des soupçons.
Mais dans la réalité, ce sont aussi des familles sans richesse excessive qui sont touchées. Louis, aidant familial, raconte : “On voulait juste garantir la sérénité de notre mère, pas défier le fisc.”
Une réforme brutale et déroutante
Le projet de loi de finances 2026 durcit la fiscalité sur ces structures. Il introduit plusieurs mesures nouvelles, dont :
- Une taxe de 2 % sur les actifs non professionnels détenus par la holding
- Une surtaxe jusqu’à 20 % sur certains biens jugés “somptuaires” (résidences de prestige, yachts, œuvres d’art)
Le problème ? Ce que la loi considère comme “luxe” ne correspond pas toujours à la réalité. Beaucoup de holdings visées abritent simplement le fruit du travail d’une vie ou une petite entreprise familiale.
“On nous avait incités à créer une holding avec le pacte Dutreil. Aujourd’hui, on nous accuse. C’est choquant”, s’indigne Sylvie, fille d’un artisan retraité.
Une insécurité juridique qui inquiète
Les règles changent, mais la définition de ce qui est taxable reste floue. Cette incertitude nourrit l’angoisse. Faut-il vendre ? Désinvestir ? Attendre ? Personne ne sait quelle stratégie adopter.
Des praticiens alertent sur un autre danger : la double imposition. Une même richesse pourrait être taxée deux fois : d’abord au niveau de la holding, puis à la succession. “Tout le monde paye pour les excès d’une minorité”, déplore un avocat fiscaliste.
La conséquence ? Une perte de confiance, voire une rupture entre les générations. Et une impression croissante d’arbitraire.
Des répercussions pour toutes les générations
Au-delà de la technique, cette réforme atteint aussi le tissu familial et entrepreneurial. Des centaines de petites entreprises familiales pourraient hésiter à se transmettre. Des projets deviennent incertains. L’envie d’anticiper l’avenir se transforme en peur d’être sanctionné.
Les professionnels du médico-social tirent la sonnette d’alarme : les familles pourraient désinvestir, freiner les successions, ou se détourner des aides privées. Et cela risquerait d’affaiblir l’économie sociale tout entière.
Une réforme encore en débat
Face à la grogne, plusieurs recours juridiques pourraient être introduits devant le Conseil constitutionnel. En attendant, les familles restent suspendues aux décisions parlementaires à venir. Certains espèrent une révision du texte. D’autres craignent au contraire un durcissement.
Entre volonté de justice fiscale et sentiment de punition collective, le débat reste intense. Mais une chose est sûre : des centaines de foyers ordinaires se sentent aujourd’hui concernés, voire menacés, par une loi au départ pensée pour les ultra-riches.
Votre famille est-elle concernée ? Vous hésitez sur la marche à suivre pour transmettre un bien ou une entreprise ? N’hésitez pas à partager vos témoignages et vos questions, et à faire circuler ces informations à vos proches ou collègues. Mieux comprendre, c’est déjà commencer à se protéger.












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