À Limoges, un habitant pensait avoir pris de l’avance sur l’hiver en achetant plus de deux mille euros de bois. Mais la saison a viré au cauchemar quand il s’est aperçu que le bois censé être « sec » était en réalité inutilisable. Une histoire qui soulève une question brûlante : peut-on encore faire confiance aux fournisseurs de bois de chauffage ?
Un achat à 2 720 €… pour du bois humide
En novembre, un habitant de Limoges anticipe le froid en achetant 12 stères de bois pour 2 720 €. Le vendeur lui assure que le bois est sec, prêt à brûler. Mais dès les premières flambées, il remarque des difficultés.
Le feu ne prend pas bien, la cheminée fume, et le taux d’humidité dépasse les limites. Son diagnostic : le bois est loin d’être sec. Résultat, le chauffage devient impossible sans risquer d’endommager son installation.
Des tests édifiants à l’humidimètre
Pour en avoir le cœur net, l’acheteur se procure un humidimètre, un petit appareil qui mesure le taux d’eau présent dans le bois. Les résultats sont sans appel :
- Taux d’humidité supérieur à 35 %, alors qu’un bois « prêt à brûler » doit afficher moins de 20 %
- Le bois dégage beaucoup de fumée et colle à la main, signes visibles de son humidité
Ces niveaux rendent non seulement l’utilisation inefficace, mais aussi dangereuse : l’excès de vapeur d’eau encrasse les conduits et augmente le risque d’incendie ou d’intoxication au monoxyde de carbone.
Un hiver sans chauffage : les conséquences
Sans solution de repli, cet habitant s’est retrouvé contraint de chauffer son logement autrement. Mais en plein hiver, difficile de remplacer un mode de chauffage principal sans préparation.
Il confie avoir dû restreindre certaines pièces pour limiter la consommation en énergie. Et surtout, il reste avec un stock entier de bois inutilisable, dans l’attente d’un recours.
Vendeur contacté, service après-vente inexistant
L’homme a tenté de joindre le fournisseur à plusieurs reprises. Aucun remboursement. Aucune réponse concrète. Le vendeur, selon ses propos, rejette la faute ou ne répond plus.
Il envisage désormais une action en justice. Mais au-delà du litige personnel, cette mésaventure reflète un problème plus large de contrôle dans le secteur du bois de chauffage.
Comment éviter ce type de piège ?
Pour ne pas vivre la même mésaventure, voici quelques conseils pratiques avant d’acheter :
- Demandez un certificat d’humidité avant toute transaction
- Utilisez un humidimètre à la réception pour vérifier l’état du bois
- Privilégiez un bois labellisé comme “NF Bois de Chauffage” ou certifié PEFC
- Méfiez-vous des prix trop attractifs pour du « bois sec », souvent signal d’un produit trop frais
- Conservez une trace écrite du descriptif du produit dans votre commande
Se fier uniquement à la parole du vendeur expose à de mauvaises surprises, surtout quand les températures tombent.
Faut-il réglementer davantage le bois de chauffage ?
Cette affaire relance le débat sur un meilleur encadrement du commerce du bois. Avec une explosion des ventes ces dernières années due à la hausse des prix de l’énergie, le marché attire des entrepreneurs peu scrupuleux.
Certains demandent un contrôle systématique des lots et une obligation de transparence sur l’humidité. Car aujourd’hui, aucun contrôle n’est imposé par défaut.
Un hiver gâché, une leçon amère
À Limoges, cet homme aura payé très cher une promesse non tenue : celle de se chauffer avec du bois « sec ». Cette mésaventure rappelle combien la vigilance est primordiale au moment d’acheter ce type de combustible.
Avec un simple outil et quelques précautions, il est possible d’éviter bien des désagréments. Mais pour cela, encore faut-il que les vendeurs soient honnêtes… ou que le marché devienne enfin plus transparent.












Leave a comment